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HISTOIRE
DE... LE THEATRE GASLIN |
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Prestige du XVIIIème
Avec ses huit colonnes, ses vestibules et ses majestueuses
statues, le théâtre Graslin semble tout droit sorti de la Grèce
antique. Bâtiment néoclassique du XVIIIème, le théâtre est le
fruit du travail du financier Graslin.
À
la fin des années 1770, Jean-Joseph-Louis Graslin,
receveur général des fermes du roi à Nantes depuis une dizaine
d'années, décide de financer une opération immobilière privée
d'envergure, dans un but spéculatif.
Il achète des terres agricoles afin d'y faire construire des
hôtels particuliers et de rapport dans le but de les revendre.
A l’époque, Nantes double sa population et s’étend vers
l’Ouest. Son projet de faire sortir de terre un nouveau quartier
bourgeois sur la colline, surplombant le quai de la Fosse,
l’amène à y édifier un théâtre.
En
1780, il confie à Mathurin Crucy la mission de dresser le plan
d'une salle de spectacles.
Crucy doit tenir compte de nouvelles contraintes
architecturales liées aux lieux publics, apparues à cette
époque. La facilité d'accès et l'éloignement d'autres
constructions (dans le cadre de la lutte contre les incendies),
éléments qui ont empêché la réalisation des projets précédemment
présentés.
Ces éléments, associés à l'idée que les monuments publics
doivent se distinguer des habitations, conduisent l'architecte à
placer le bâtiment entre trois rues et la place Graslin.
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RADIO CROCHET?
Le Directeur du Théâtre, qui louait le lieu à la ville, ne
choisissait pas les artistes.
Au début du xviiie siècle, le recrutement était effectué par les
abonnés, qui votaient par acclamation, « lors du scrutin des
débuts ».
Les nouvelles recrues devaient se produire devant la salle
comble, et interpréter trois extraits d'opéra (un seul extrait
pour les artistes déjà en place).
Le public exprimait alors son choix par acclamation ou par huée,
ce qui était très inconfortable pour les artistes.
Vers 1840, la procédure fut changée : il devint interdit de
protester pendant les prestations des artistes. Quelques
spectateurs étaient ensuite tirés au sort, se réunissaient et
votaient à huis clos.
Ce mode de recrutement périclita lorsque l'assiduité des abonnés
à ces séances faiblit.
Au début de la saison 1883-1884, le « suffrage universel » des
abonnés présents aux séances de recrutement fut institué, puis
en 1893, il est décidé que le corps électoral s'étendrait aux
abonnés annuels et mensuels, et qu'une commission de quinze
personnes désignées par le maire participerait au choix.
Cette tradition prendra fin à la Première Guerre mondiale...
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L'aménagement intérieur est guidé par des considérations liées à
la visibilité et à l'acoustique. Comme la plupart des salles de
l'époque, celle de Graslin est en forme d'ovale tronqué. Les
références des architectes français sont italiennes.
Par contre, Crucy choisit un plafond en coupole et des loges
non pas fermées, comme le modèle italien, mais seulement
séparées par des cloisons s'arrêtant à hauteur d'appui. En
effet, le répertoire des salles françaises diffère de celui
alors proposé en Italie, et la circulation du son était
meilleure grâce à ces différences pour les œuvres les plus
jouées à l'époque, comme celles de Jean-Baptiste Lully ou
Jean-Philippe Rameau.
L'œuvre de Crucy est manifestement inspirée du théâtre de
l'Odéon à Paris. Cette inspiration n'enlève pas une part
d'originalité, notamment dans la conception du vestibule ouvert
sur la place Graslin, complété par l'accès à la salle via un
escalier et la porte centrale, visible depuis le côté opposé de
l'esplanade, l'ensemble donnant « une impression d'architecture
flottante ».
En 1783, Jean-Joseph-Louis Graslin fait procéder aux
excavations et nivellement pour permettre l'installation des
fondations. L'accord de construction est donné en février 1785.
La durée prévue des travaux est alors de 18 mois ; ils vont
durer quatre ans.
Le budget estimé par Crucy, 263 233 livres, est énorme, et la
capacité financière du promoteur et de la ville n'y suffisent
pas : il faut recourir à un emprunt, autorisé par le Roi en mars
1784, et à un appel aux dons. Mais le devis initial ne tenait
compte que du gros-œuvre : il fallait ajouter le décor de la
salle, les sculptures, le décor de scène, les machineries... Le
dépassement du budget provoque tensions et retards.
Une salle « à l’italienne »
La splendide salle de théâtre « à l’italienne » fait la
merveille de ce théâtre. Pouvant accueillir 784 spectateurs, ses
sièges sont tapissés de velours bleu, élément assez inhabituel
pour un théâtre. Le plafond, peint par Hippolyte Berteaux,
peintre officiel de la Ville, est une véritable fresque sur la
mythologie grecque. Nantes est l’une des quatre villes
françaises à avoir conservé des salles datant du XVIIIème
siècle.
Le théâtre est inauguré le 23 mars 1788, mais quelques années
plus tard en 1796, le théâtre subi un terrible incendie.
Incendie et l'Empereur
Le bâtiment est ravagé par un incendie le 24 août
1796 (7 fructidor an IV). Le feu prend lors d'une représentation
de Zémire et Azor, un opéra d'André Grétry. Vers vingt heures,
une frise du décor de l'appartement d'Azor entre en contact avec
la flamme d'une bougie. L'incendie, aggravé par le vent
particulièrement violent ce soir-là, se propage rapidement à la
toiture, provoquant l'effondrement de la coupole et du grand
lustre.
L'ampleur du sinistre rend vaine l'intervention des secours.
Sept morts sont dénombrés : quatre spectatrices, dont une
fillette de cinq ans, ainsi qu'un machiniste, une femme de
service et un danseur. Ce bilan est relativement faible, puisque
environ 1 500 personnes se trouvaient dans le théâtre ce
soir-là.
En 1806, Napoléon Ier accorde à quelques villes françaises
l'autorisation d'entretenir une troupe permanente ; Nantes en
fait partie, et à la suite de la visite de la ville par
l'Empereur, en 1808, le théâtre est reconstruit à partir de
1811, à nouveau par l'architecte Mathurin Crucy, et de nouveau
inauguré en 1813. |
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Le sculpteur Dominique Molknecht
réalise les statues de la façade et du hall d'entrée entre 1821
et 1829, donc après la seconde inauguration.
Les huit statues de style antique surplombant chaque colonne et
représentant huit des neuf muses datent de l'époque de la
reconstruction. Stendhal, visiblement peu conquis par l'harmonie
de l'ensemble architectural, se demande facétieusement «
laquelle eut le bonheur d'être oubliée »...
Les huit muses juchées sur un rebord du sommet de la façade. De
gauche à droite : 1 • Melpomène (masque tragique), 2 •
Terpsichore (lyre), 3 • Calliope (tablette), 4 • Thalie (masque
comique), 5 • Euterpe (flûte), 6 • Clio ; 7 • Polymnie ; 8 •
Érato (lyre). Manque Uranie. |
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merci
Wikipedia
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Nantes.fr |
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